Les pagodes de Phnom Penh

Avant même d’être une ville, Phnom Penh fut une pagode. Et parmi les spectacles les plus touchants dans cette cité, il y a la balade matinale des moines qui mendient leur nourriture selon la tradition bouddhique. Dans cette ville tournée vers la modernité, et qui en adopte souvent les plus mauvais côtés, leur présence apparaît comme une purification collective.

Le Cambodge compte 4 106 pagodes, dont environ 80 à Phnom Penh, et il s’en construit encore. Les Khmers ont pour le bouddhisme un immense respect. « Roi, patrie, religion », telle est la devise du Cambodge. Et Sihanouk l’a dit en son temps : être khmer et être bouddhiste, c’est la même chose.

Pourtant le Cambodge n’a pas toujours été bouddhiste. La religion d’Etat fut longtemps l’hindouisme. La conversion officielle eut lieu durant le règne de Jayavarman VII (au xur siècle). Mais il semble bien que le peuple ait adopté le bouddhisme bien avant son souverain. C’est pourquoi la phrase de Sihanouk n’est pas si anodine.

Précisons que le bouddhisme khmer appartient à l’école Theravada, école qui prétend revenir à la doctrine fondamentale du Bouddha. La plus grande différence théologique entre le Theravada et le Vibhajjavada est la croyance aux boddhisattvas, des saints qui ont eu l’illumination mais qui, au lieu de se fondre immédiatement dans le grand Tout, restent auprès des hommes pour les guider sur la voie de l’éveil, comme l’a fait le Bouddha lui-même. Le Vibhajjavada réfute l’existence de ces saints. Le bouddhisme Theravada n’est pas métaphysique mais morale et sagesse. Il prône le renoncement et l’austérité.

A voir: voyage pas cher au vietnam | voyage Cambodge | cat ba jonque

Mais pour nous ce sont les usages qui diffèrent. Les moines du Theravada mendient leur nourriture tous les matins. Ils vont soit seul soit en groupe, pieds nus, avec leur parapluie jaune et leur robe orange. Ils s’arrêtent devant les maisons ou les magasins. Ceux qui souhaitent donner quelque chose l’offrent à genoux ou les mains jointes. Le moine leur récite une petite prière et repart sans remercier. C’est la tradition. –
Le moine ne travaille pas de ses mains, ou peu. Il consacre beaucoup de temps à la méditation. Dans la vie d’un homme, c’est un moment de recueillement. Car tous les hommes sont censés passer une période de leur vie à la pagode. Cela fait partie de l’éducation et longtemps les moines ont appris aux jeunes Khmers à lire et à écrire. Le séjour peut se prolonger, parfois indéfiniment, mais la plupart des moines ne restent qu’un temps.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*