PRADAL SEREY

Mais la violence fait aussi partie de la vie au Cambodge d’où ce goût répandu pour la boxe sans doute. C’est à la fois un spectacle, un défoulement et une occasion de paris. Tous les samedis et dimanches, des combats sont organisés. Ils sont retransmis à la télévision. Peu de Khmers possèdent un poste. Ils se réunissent donc dans des échoppes, dans une ambiance survoltée. Très populaires, les jeunes boxeurs sont prêts à souffrir dans l’espoir de changer de condition sociale, et parmi eux pas mal de militaires. L’entraînement est dur, les sacrifices nombreux. La boxe est un art ancestral. La première école du royaume fut créée au IXe siècle.

Les Khmers dominaient alors la péninsule indochinoise. La technique a évolué et les Thaïlandais sont à l’origine du style pratiqué actuellement, un style vif, agressif, issu de Naresuan le Grand, roi des Siamois. Depuis la fin du XVe siècle ce sport est considéré comme l’exercice militaire par excellence. Au Cambodge on l’appelle pradal serey, soit boxe libre. Car les combattants peuvent utiliser toutes les parties de leur corps pour leurs attaques. Ce qui donne lieu à des combats acrobatiques, excitants mais aussi très violents. Des règles, toutes basées sur le respect de l’adversaire et du combat lui-même, interdisent de frapper droit dans le nez, le bas-ventre, ou le dos. Il est bien sûr interdit de mordre, de frapper un adversaire à terre. Et il ne faut jamais s’accrocher aux cordes.

Un match s’apparente à un rituel. Chaque round dure trois minutes intenses. Une musique irritante et hypnotique l’accompagne. Avant de commencer, les boxeurs exécutent une danse rituelle, dans les huit directions du ring, une prière aux esprits autant pour appeler leur aide que pour leur offrir cette violence cérémonielle. Puis le match débute, pour un maximum de cinq rounds.

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Le but recherché est le K.-O. total. Voilà ce qui confère son prestige à un boxeur. Les adversaires ne retiennent donc pas leurs coups et les cris du public incitent à toujours plus de violence. Il faut entendre la rumeur qui accueille la première goutte de sang. Cette ambiance fait partie de la culture indochinoise, même si tous les Khmers ne se réjouissent pas à ce spectacle. Si le K.-O. n’est pas atteint, un aréopage d’arbitres décide à qui accorder la victoire.
Avant 1975, l’équipe cambodgienne était l’une des meilleures au monde. Certains boxeurs actuels comme Eh Phoutong ont rendu à la boxe cambodgienne ses lettres de noblesse.

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